R&B-1996 / MAXWELL

 Pour bien comprendre l’impact de cet album de Maxwell, il faut se remettre dans le contexte. En 1996, le genre “new-jack swing” et le hip-hop dominent la musique noire urbaine. Les albums surproduits interprétés par des artistes “bodybuildés” sont légion.

Leur musique est un travail de studios souvent très synthétique. Les voix sont basses. Les looks sont propres, stylisés et les cranes souvent rasés. Il en est ainsi depuis la fin des années 1980.

1996, un jeune homme arrive avec une coupe de cheveux afro comme personne n’en a vu depuis les années 1970. Sa musique est acoustique et repose sur de terribles lignes de bass. Sa voix est haute, presque efféminée. Son style et sa musique sont en totale opposition avec l’époque. Maxwell installe les bases du courant “nu-soul”, véritable mise à mort du genre “new-jack“. Il ramène la musique noire à ce qu’elle était 25 ans plus tôt. L’écriture d’une chanson reprend ses droits. La qualité des musiciens acoustiques est remise au centre du jeu. Maxwell joue une musique sexy basée sur le “groove“.

Dans cette équation, deux hommes jouent un rôle centrale : Leon Ware, compositeur et ancien compagnon de route de Marvin Gaye ainsi que Stuart Matthewman, multi-instrumentiste et âme de la musique de la chanteuse Sade. Maxwell choisit également des musiciens funk-soul confirmés, vieux briscards des studios. Parmi eux, Bashiri Johnson (percussions), David Gamson (batterie, claviers) et Wah Wah Watson. L’oeuvre est une ode au funk des 80’s. L’artiste va jusqu’à utiliser des classiques du genre pour ses remixes. Voir le SOS Band “No One’s gonna love you” sur son “Ascension Don’t Ever Wonder” : prodigieux et osé.

Résultat : une musique d’une incroyable fraicheur. Une soul sensuelle et sophistiquée, un funk puissant et pur. Bref ! Un classique dès sa sortie, indémodable.

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