« Les éléments » s’ouvre avec « Eau » et le personnage de Willow Hale qui choisit de s’isoler sur une île pour échapper au monde. Ce minuscule caillou irlandais lui permet de vivre au ralenti, et de se sevrer du vacarme de son passé.
Le Roman
Deux évènements traumatiques ont bouleversé toute son existence et ont fait exploser sa cellule familiale. « Eau » se concentre sur la culpabilité et l’aveu central. John Boyne y décortique les notions de responsabilités et de fautes, et l’eau fait son œuvre : elle efface les empreintes du passé…
« Terre » suit « Eau » et nous emmène à Londres, où Evan est devenu footballeur. Cet artiste dans l’âme s’est rangé du coté des désiderata paternels. Evan est aspiré dans un procès qui l’engloutit tout entier et lui fait perdre son innocence. Il est question de notoriété, de statut de star et de loyautés viriles. La « Terre » façonne, sculpte pour rentrer dans un moule, déconstruit l’être pour en reconstruire un autre capable de jouer un rôle…
Arrive « Feu » qui est sans doute la partie qui m’a le plus bouleversée. On rencontre Freya Petrus, médecin spécialisée dans les grands brulés. Ce qu’elle à vécu enfant est innommable : elle est réellement une survivante, mais son être tout entier est une plaie restée béante. « Feu » vient à la fois couvrir la blessure initiale et embraser la vie des autres…
Enfin, arrive « Air » et le personnage d’Aaron, psygologue de métier, installé en Australie. Il part en voyage avec son fils adolescent pour rejoindre son ex-femme. Cette mère absente est un personnage déjà rencontrée précédemment dans le roman. « Air » est le fil rouge qui circule entre les quatre parties du récit. Il relie se qui a été séparé, permet de reprendre une respiration…
Mon Avis
Grand roman de l’intime et de la question humaine, les éléments subjugue et vient réveiller tous vos sens. Que d’émotions affleurent entres ces pages ! A travers chaque portrait si bien travaillé John Boyle nous donne tellement de choses à aimer chez ses personnages.
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photo : Dara Mac Dónaill
