HIP-HOP en FRANCE : une HISTOIRE. La B.O.(part I)

1980-1984

 

Dans Les Oreilles

Spoonie Gee « Monster Jam » (1980). Une des premières voix du rap. Un phrasé pur, non trafiqué, posé sur un instrumental très funky en une prise. Un grand nom du label « Sugarhill Records ».

Kurtis Blow « The Breaks » (1980). Rapper du Queens qui a débuté dans les soirées de Grandmaster Flash dans les 70’s. Managé par Russel Simmons (futur fondateur de « Def Jam Records »), il sera le premier rapper à signer sur une « major » du disque (Mercury). Au moins trois titres inoubliables du rap : celui-ci, « Christmas Rappin’ » et « If I Ruled The World » (repris par NAS). Pour tout amateur de rap, son duo avec les Run D.M.C. (autre groupe produit Russel Simmons) sur l’album « Ego Trip » (« 8 million stories ») est un grand moment dans l’histoire de cette musique.

Afrika Bambaataa « Looking For The Perfect Beat » (1981). Icône de la musique rap, de la culture Hip-Hop et bien sûr de la « Zulu nation ». D’abord chef redouté du plus important gang new-yorkais, il assure la promotion du hip-hop pour canaliser la violence. « Se servir de l’énergie négative pour créer du positif » est son créneau. DJ historique, son association avec Tom Silverman (boss de « Tommy Boy Records« ) et Arthur Baker mènera au classique « Planet Rock ». Ce titre ainsi que « Jazzy Sensation », « Renegades Of Funk » et « Looking For The Perfect Beat » sont ses incontournables.

Grandmaster Flash & the furious 5 « It’s Nasty » (1981 / Sugar Hill Records-Warner). Avec Kool DJ Herc, Grand Wizard Theodore et Afrika Bambaataa, il est le DJ qui pose les techniques suivies par les DJ du monde entier les vingt années suivantes. Son nom est associé au titre qui change le rap et plus largement la musique, le premier rap « social » : « The Message ».

Grandmaster Flash & the furious 5 « The Message » (1982 / Sugar Hill Records-Warner). Premier « conscious » rap, on vient de vous le dire, qui propulse le rapper Melle Mel au rang de star. Personne ne voulait du titre en maisons de disques sauf Sylvia Robinson. Hymne de son label « Sugarhill ».

Afrika Bambaataa « Planet Rock » (1982 / Tommy Boy). Le journaliste Tom Silverman sent vite le potentiel du rap. Il recrute le DJ de Boston Arthur Baker, fan de Kraftwerk, pour son label « Tommy Boy ». Résultat : « Planet Rock » est un hit planétaire. Un son hybride qui déjà mélange rap et électronique. Baker est considéré comme le père du genre « electro« .

Planet Patrol « Play At Your Own Risk » (1983 / Tommy Boy). Pur produit Arthur Baker ! Ce groupe incarne à merveille le style qu’il met en place avec ses acolytes Jon Robbie et Fred Zarr chez « Tommy Boy ».

Shannon « Let The Music Play » (1983 / Unidisc Music). Titre précurseur de ce qui sera vite baptisé « electro ». Du disco modernisé par la culture hip-hop. Hit planétaire.

Run D.M.C. « Rock Box » (1984 / Arista-Sony). Fameux trio des premières années, managé par Russel Simmons (frère de « Run » alias Joseph Simmons), ils seront les premiers à mélanger rock et rap (« King Of Rock », 1985) et à collaborer avec un groupe de hard-rock (Aerosmith, « Walk This Way », 1986). Ils sont également redoutables en affaires et en marketing. Leur partenariat avec Adidas en est une preuve éclatante. « Peter Piper », « It’s Tricky », « Rock Box », « Sucker Mc’s », « You Talk too Much », « My Adidas »…La liste de leurs succès est longue.

Whodini « Friends » (1984 / Sony Music). Autre fameux trio des débuts du rap. Eux aussi laissent quelques standards du genre dans l’histoire du rap : « Magic Wand », « Funky Beat », « Friends », « Five Minutes Of Funk », « The Haunted House Of Rock », « The Freaks Come Out At Night »…Un rap très funk dans lequel des musiciens ou producteurs de R&B jouent un rôle important, à commencer par Larry Smith ou Barry J Eastmond. Ce rap là mènera à la « new-jack swing« .

Captain Rock « Cosmic Blast » (1984). « We the cosmic crew / We’re gonna rock for you » est un hymne. Les débuts de l’electro avec de la « human beat box » et surtout, avec une sensibilité « soul » pour les claviers et la mélodie. Un titre qui laissait entrevoir de grandes choses pour les acteurs du hip-hop parisien, un titre qui donne encore la chair de poules 35 ans après sa sortie. Si je ne devais garder que 5 titres dans l’histoire du rap, il en ferait partie…

Newcleus « Jam On It » (1984 / Jam-On-Productions). Même combat que le « Cosmic Blast » de Captain Rock. Une musique très électronique, parfaite pour les danseurs de « poppin’ », « robot » ou « hop-rock ». Ce trio de Brooklyn avait débuté en 1977. Le producteur star Jermaine Dupri ainsi que les rappers Mos Def et Method Man l’utiliseront ou en feront des reprises les décennies suivantes.

Breakin’ « Street People » (1984 / Universal). Parfait exemple de la récupération hollywoodienne du phénomène. Scénario minable mais belles scènes de danse et une B.O. inoubliable. Le film participe néanmoins à l’ouverture de la culture hip-hop sur des gens qui n’y étaient à priori pas sensibles.

Beat Street (1984 / Atlantic-Warner). « Breakin’ » est centré sur la danse, « Beat Street » sur le graffiti. Le film est plus sérieux et plus crédible mais il emploie des acteurs au lieu de mettre en lumière les précurseurs. Harry Belafonte, légende de la musique des caraïbes, en est le producteur. Le film nous permettait néanmoins de voir le « Roxy » de l’intérieur pour la première fois, d’apprécier Afrika Bambaataa, Jazzy Jay, les « Rock Steady Crew » et Kool Herc dans leur propre rôle. Il contient quelques scènes cultes comme l’affrontement de danse entre les « New-York City Breakers » et les « Rock Steady Crew ».

Ces titres et textes sont extraits du livre « Hip-Hop en France : une histoire » (3 Colonnes / Hachette) Acheter

 

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