HIP-HOP en FRANCE : une HISTOIRE. La B.O. (part V)

1990-1991

À force de convictions, d’engagements, d’efforts, le temps passe et arrive le moment où celui qui sème le vent récolte non pas le tempo, quoique, mais les fruits de sa passion (comme aurait dit Francky Vincent). Les années 1990 vont être celles de la récolte. « Hip-Hop ascenseur social et vecteur de gains » prend du sens sur cette dernière décennie du 20eme siècle.

Brand Nubian « One For All » (1990). Influencés par le « native tongue » (De La Soul, A Tribe Called Quest, Jungle Brothers), ce trio composé de Sadat X, Grand Puba et Lord Jamar fait preuve d’une grande technique orale, marque de fabrique du rap côte Est.

Digital Underground « Doowutchyalike » (1990). Rap de la côte Ouest absolument irrésistible. De l’humour, de l’humour et beaucoup de P-Funk. Presque tout l’album est construit autour du funk de George Clinton. Pour danser et faire la fête, ce dont nous avons besoin à l’époque.

C.M.W. « Duck Sick » (1990). Le rapper MC Eiht et son DJ Unknown suivent les traces du N.W.A. Les bases du G-Funk qui sera vite popularisé par le producteur Dr Dre, sont déjà là. Il faut dire que C.M.W. a signé sur le label Orpheus des frères Huggins à New-York, temple du funk de la côte Est.

DEL Tha funky homosapian « Mistadabolina » (1991). À l’origine du crew « Hieroglyphics » de San Francisco et très actif dans le revival du « P-funk » de George Clinton, le cousin du rapper « Ice Cube » nous offre un album inoubliable. Les Gorillaz se souviendront de lui dix ans plus tard sur leur premier album.

Gang Starr « Step In The Arena » (1991). Guru et Premier confirment qu’ils sont là pour un moment, un an avant le chef d’œuvre « Daily Operations ».

 A Tribe Called Quest « Can I Kick It » (1990). Fusion la plus réussie entre jazz et rap. Un groupe d’une intelligence redoutable. Des messages toujours transmis avec une bonne dose de second degré, une qualité de production exceptionnelle et la voix, unique, de Q-Tip. L’esprit « Native Tongue » dans le respect de la culture hip-hop des débuts.

Cypress Hill « the phuncky Feel One » (1991). Dans un mouvement culturel, on utilise le mot « révolution » pour désigner ce genre d’album. Les « latinos » de Cypress Hill transforment le rap en profondeur. Le son est terriblement funky, hypnotique et cette voix nasillarde (inspirée de celle de Ramelzee) enivrante. Les barrières sont brisées (leur musique fusionne souvent avec le rock) et la marijuana défendue bec et ongle. Une influence majeure.

De La Soul « Fanatic Of The B World » (1991). Après de graves déboires avec la justice à cause de « samples » non déclarés, le trio est obligé de repenser sa musique. Deuxième album très différent donc mais tout aussi efficace. « A Roller Skating Named Saturday » assure le succès de l’œuvre.

Heavy D & the boyz « I Can Make You Go Oooh » (1991). « I Can You Make Go Oooh », « Sister Sister », « Don’t Curse » avec Q-Tip et Pete Rock, entre autres. Stop.

Supreme NTM « Le Monde De Demain » (1991). Logo de Colt, peintures de Mode 2, les danseurs du 93, le collectif NTM dans son entier débarque avec pertes et fracas.

Organized Konfusion « Fudge Pudge » (1991). Tout comme les Main Source, ce duo incarne le rap « underground » du moment. Un album dense, bourré d’idées, hyper créatif. Résultat : 30 ans plus tard, pas une ride.

Pendant ce temps, Robert Del Naja et son groupe « Massive Attack » sortent leur premier album. Quel parcours depuis ses premiers graffitis à Bristol huit ans plus tôt. Un précurseur du Hip-Hop européen prend la tête d’une autre culture, celle des musiques électroniques qui vont dominer les années 1990 et 2000…

 

 

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