HIP-HOP en FRANCE : une HISTOIRE. La B.O. (part VI)

1992-2002

À force de convictions, d’engagements, d’efforts, le temps passe et arrive le moment où celui qui sème le vent récolte non pas le tempo, quoique, mais les fruits de sa passion (comme aurait dit Francky Vincent). Les années 1990 vont être celles de la récolte. « Hip-Hop ascenseur social et vecteur de gains » prend du sens sur cette dernière décennie du 20eme siècle.

Dr Dre (1992) . D’abord et avant tout un album pour faire la fête. Quatre ans après l’arrivée de son groupe N.W.A., Dre révolutionne le rap côte Ouest. Le « G-Funk » va dominer la décennie.

Pharcyde « Passin’ Me By » (1992). Le « Daisy age » des « De La Soul » et « A Tribe Called Quest » à la sauce côte Ouest. Un humour corrosif, une production de J.Swift hyper créative et plusieurs hits : « Yo Mama », « Passin’ Me By », « Soul Flower ». Irrésistible. Acheter

Snoop Doggy Dogg « Who Am I » (1993). La suite du « Chronic » de Dr Dre : même esthétique, même production, mêmes thèmes. Avec le phrasé laconique et la nonchalance de Snoop en plus. « Gin & Juice », « Who Am I (what’s my name ?) », « Murder Was The Case », « Serial Killa » seront des hits planétaires. Phénoménale.

Wu Tang Clan « Protect Ya Neck » (1993). Complètement neuf : Absolument rien de comparable avant, ni après d’ailleurs. Ambiances obscures avec juste ce qu’il faut de piano et de cordes. Des phrasés d’exceptions et des trouvailles dans les rimes tout aussi exceptionnelles. L’architecte RZA montre une nouvelle voie pour les 90’s. Acheter

Warren G « Regulate » (1994). Le demi-frère de Dr Dre marque l’année 1994, un an après « Doggystyle ». Une nouvelle pierre à l’édifice « G-funk » dont la domination est totale cette année-là. Acheter

Notorious Big « Juicy » (1994). Arrivée en force du label « Bad Boy », arrivée en force du producteur Sean « Puffy » Combs. Le « gangsta rap » façon côte Est des USA, sérieux rival de Dr Dre. Au passage, le B.I.G. rend hommage à des grands du rap et à des classiques du funk. À commencer par James Mtum, interprète original du titre « Juicy Fruit » utilisé ici. Acheter

Common « Resurrection » (1994) Désormais, il faudra compter sur ce rapper de Chicago. Brillante, intelligente, jazzy, poétique, sa musique est redoutable, comme son phrasé. Acheter

2pac « California Love » (1996). Encore un bel hommage au funk des années 1980. Ligne de bass du titre « Intimate Connection » du groupe Kleeer, présence du chanteur Roger Troutman au vocoder (leader du groupe funk « Zapp ») et le charisme de 2pac. Hit planétaire, hit de l’année 1996. Acheter

NTM Paris Sous Les Bombes (1995). 17 titres dont trois interludes. 7 titres co-réalisés par DJ Max dont les fameux « Tout N’est Pas Si Facile » et « La Fièvre ». L’album contient également « Qu’est-ce qu’on attend ? ». Le « nikoumouk » passe à la vitesse supérieure. Un superbe bilan de leur parcours depuis les débuts (« Tout n’est pas si facile ») et un engagement plus important. « L’unité est illusoire / L’amitié c’est fragile » : un vrai constat d’échec sur les rêves du terrain vague de « la chapelle »… Acheter

Fugees « Fu-Gee-La » (1996). Après « Cypress Hill » et le rapper Tim Dog, Chris Schwartz signe les Fugees sur « Ruff House », son label. Phénomène à sa sortie, plus grosse vente de l’histoire du rap à cette époque et une voix unique, celle de Lauryn Hill. Ce titre, « How Many Mics », « Ready Or Not », « Killing Me Softly » assurent le succès de l’album pendant deux ans. Doucement mais sûrement, le rap devient la nouvelle variété, la musique la plus populaire.  Oolalala ! Acheter

D’Influence  « There Can Be » (1997). Soul, gospel, rap, section de cuivres excellente, chanteuse hors concours, productions haut niveau, un album incroyable qui rappelle les bases, l’essentiel. Acheter

Mos Def & Talib Kweli « Astronomy (8th light) » (1998Acheter

The Roots « You Got Me » (1999). Leur arrivée au milieu des 90’s apporte un nouveau souffle. Du rap acoustique avec des musiciens d’exceptions. Fini les samples ! ici, on joue des compositions originales. Une bouffée d’air frais après les années de titres surproduits basés sur le sample. Philadelphie impose son style. Acheter

Macy Gray  « Still » (1999). À chaque décennie sa nouvelle vocaliste. Badu a marqué les années 1990. Pour Macy, ce sera les années 2000. Cet album est un bon départ, rempli de titres forts. Elle utilise de nombreux sons et techniques venus du hip-hop. Acheter

Erik Truffaz « Siegfried » (feat. Nya) (1999). Le mélange jazz / hip-hop n’est pas nouveau mais de cette façon, il gagne en intensité. Un peu comme si Miles Davis et les « Headhunters » d’Herbie Hancock rencontraient la force créatrice du nouveau millénaire tout proche. Les suisses de « Silent Majority » avec le trompettiste de Franche-Comté : explosif ! Acheter

Raphael Saadiq   Still Ray (2002). Le rescapé des « Tony Toni Toné » entre dans le 21eme siècle avec ce classique. Acheter

Textes tirés du livre « Hip-Hop en France : une histoire » (3 Colonnes / Hachette) Acheter

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