Eric Bibb

eric bibbCe chanteur, compositeur et guitariste a assuré le renouveau du blues au début des années 90.

Pourtant, pas facile de s’imposer dans le monde du blues. Elevé dans une famille de tradition folk et jazz, il grandi entouré de musiciens. Son oncle, John Lewis est un pianiste et un compositeur de jazz très fameux, membre du prestigieux “Modern Jazz Quartet”. Dans les années 50 et 60, Peter Seeger ou Bob Dylan, amis de la famille, sont souvent à la maison. C’est dans cette ambiance qu’Eric apprend la guitare  “steel” dès l’âge de sept ans. Jamais il n’oubliera le conseil de Dylan : “Reste simple et oublies tous ces trucs à la mode”. “Reste Simple”, “Keep It Simple” en anglais (si!si!), sera d’ailleurs le titre d’une chanson des années plus tard.

A l’âge de treize ans, il entre à l’université de musique de New-York et apprend bass, chant, guitare classique et piano!

1970 : Il quitte New-York pour Paris. C’est très classique à cette époque et de nombreux musiciens de jazz ou de blues sont installés dans le nord de la capitale française. Il y rencontre le guitariste Mickey Baker. C’est là qu’il commence à se concentrer davantage sur le blues. Un passage par Stockholm et il est de retour dans la “grosse pomme” dix ans plus tard. Sur la décennie, il a écrit des chansons et s’est produit dans de nombreux clubs. En 1985, nouveau séjour en Suède pour s y produire et enseigner la musique.

“Spirit and the blues”, son premier album, sera riche de sons et d’influences. On y entend du bouzouki, de la mandoline, de l’accordeon et du gospel. Bibb semble alors marcher dans les traces de Leadbelly ou du Golden Gate Quartet. En 1996, il se produit sur la scène du “festival de blues de Londres” aux côtés de Corey Harris et de Keb’ Mo’. C’est à cette époque qu’il emerge en France où l’album “Good Stuff” de 1997 fera forte impression. Six albums suivront entre 97 et 2002.

Discographie (albums conseillés)

 bibb2 Me To You (1997, Eastwest / Warner)***. Pops et Mavis Staples ainsi que Taj Mahal apportent une contribution remarquable à ce troisième album. De la sobriété, de la technique et de belles ballades.

Bibb3 Home To Me (2000, Earthbeat / Rhino)**. Bibb met l’accent sur ses influences folk (Woody Guthrie), soul (Sam Cooke) et gospel. Côté textes, poésie, engagement politique et sujets planétaires. “Mandela Is Free”, “World War Blues”, “Walk The Walk” et “Sing Your Song” sont très réussis.

bibb4 Painting Signs (2001, Earthbeat / Rhino)**. Introspection, chaleur et nuances musicales sont au programme de cet album. Des chansons engagées et des textes plus légers avec toujours une place pour le gospel et des arrangements plus minimalistes. “Hope In a Hopeless World”, “Honest I Do” et “Don’t Ever Let Nobody Drag Your Spirit Down” sont très réussis.

bibb5 Friends (2004, Telarc)***. 15 titres et des collaborations exceptionnelles comme celle avec le guitariste Guy Davis sur “99 1/2 Won’t Do”ou celle avec l’harmoniciste Charlie Musselwhite sur “Six o clock blues”, entre autres. Bibb et ses amis ont l’intelligence de ne jamais entrer dans la demonstration. Ici priorité au feeling et à l’émotion. Chapeau bas!

bibb6 Diamond Days (2006, Telarc)***. Peut être son album le plus abouti, le plus parfait. Toujours beaucoup d’élégance dans le jeu et les ambiances, une reprise de Bob Dylan (“Buckets Of Rain”), une touche funk un peu nerveuse (“In My Father’s House”), de la beauté, de l’espoir et une belle vision du blues au 21eme siècle. Excellent!

bibb7 Troubadour Live (2011, Telarc)***. Un “live” pour prouver qu’il est aussi à l’aise sur scène qu’en studio.

bibb8 Deeper In The Well (2012, Stony Plain)***. Une de ses meilleures oeuves. Un souffle de funk sur “Bayou Belle”, des cordes somptueuses et du gospel sur “Dig a Little Deeper In The Well” et une magnifique et surprenante reprise au banjo du “The Times They Are a changing” de Dylan. Une ambiance générale plus sombre et désespérée qu’à l’habitude.

bibb9 Jericho Road (2013, Stony Plain)**

Artistes du même style ou de la même époque : Keb’ Mo’, Guy Davis, Kelly Joe Phelps, Corey Harris.

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