MARIAMA la douce

 Voilà dix ans que cette tendance est dans le paysage musicale : une folk teintée de R&B (ou l’inverse) et interprétée par des artistes aux origines africaines. Asa et Ayo avaient été les premières. Imany, Irma et d’autres ont suivi. Mariama ajoute sa pierre à l’édifice.

La musique de Mariama est beaucoup plus folk que R&B et ses origines africaines sont revendiquées et assumées avec talent. Et la dame connaît son histoire. Pour preuve, elle s’est entourée d’une légende : Sekou Bembeya Diabate en personne. Ce guitariste mandingue hors pair a profondément marqué la musique africaine avec la formation “Bembeya Jazz” dont il était le créateur. Il accompagne Mariama sur un “Summer In My Heart Again” qui ressemble fort à un souvenir estivale personnel. À 74 ans, le grand monsieur n’a rien perdu de sa dextérité. Ballake Cissoko, joueur de kora et son compagnon de route, le violoncelliste Vincent Segal, sont également mis à contribution. “I Can’t Help Myself” est une réussite.

Sur “Never Mind”, elle réussi un titre purement folk parfait pour une ballade estivale dans l’immensité canadienne ou aux USA. Là encore, une guitare électrique tout en douceur et des choeurs réglés avec finesses. Beau duo avec l’énigmatique Soufian Tsunami.

La voix de Mariama prend toute son ampleur sur un “The Name Of The Game” très minimaliste. Cordes et voix, point. Ici, impossible de tricher. Et il y a ce léger mais torride “Lover’s Dub”. Petite diversion en Jamaïque.

Finalement, seul la reprise du “Nature Boy” -classique d’Eden Abhez de 1947, popularisé par Nat King Cole et repris des centaines de fois depuis- n’était peut être pas indispensable. Pour le reste, l’album “Love Sweat and Tears” est une perle internationale, sensible, douce mais forte et puissante. À découvrir.

Mariama “Love Sweat And Tears” (2018, Rising Bird Music)*** Sortie le 19 / 10 / 2018 Acheter

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