Hommage à…WILLIAM ORBIT
Hommage à…WILLIAM ORBIT

Hommage à…WILLIAM ORBIT

William Orbit est un artiste qui a définitivement marqué la musique de la fin du 20eme siècle. Pionnier du genre Ambient, maitre des techniques de studios, spécialiste du remix, il fut très populaire et remarquable entre 1990 et 2010.

Né en 1956 dans la banlieue de Londres, William Mark Wainwright quitte l’école à 16 ans. Il en a 20 lorsque ses ambitions musicales deviennent réalité.

Les années 1980

C’est la décennie dans laquelle il se lance dans la musique. D’abord comme membre du groupe Torch Song puis en solo et avec la fameuse série Strange Cargo de 1987. Aucune frontière musicale à ses débuts. Pop, world music, dance music, il donne dans tous ces genres. Il invite Cleo Torres et Beth Orton pour son projet Strange Cargo. Dans le même temps, il forme le projet House Bass-O-Matic. Avec Torch Song, il sort trois albums entre 1984 et 1987. Laurie Mayer et Grant Gilbert font aussi partie du groupe. Cette époque est essentielle pour la suite. Il apprend les techniques de mix et d’enregistrements indispensables pour devenir un bon producteur. Il noue des amitiés qui dureront jusqu’à sa mort, avec Laurie Meyer et Beth Orton notamment. Orbit, son premier album solo voit le jour en 1987. Il travaille avec un artiste français qui admire son travail de production et il travaille sur l’un de ses plus beaux titres : Etienne Daho, Paris Le Flore.

Les années 1990

La décennie commence avec son projet de house music intitulé Bass-O-Matic. Il effectue également de nombreux remixes pour des artistes aussi fameux que Prince, The Cure, Blur ou U2. Son nom circule de plus en plus dans le monde musical. Le point culminant est en 1998 avec Madonna. Strange Cargo 2 sort en 1990. La même année, il commercialise Set The Controls For The Heart of the Bass chez Virgin Records. À cette époque, il met en place son label « Guerilla Records » pour assurer le développement d’artistes britanniques issus de la scène House. Il lance les artistes Spooky, React 2 Rhythm mais aussi Felix da Housecat et DJ Pierre.

1991, Bassomatic enregistre un deuxième et dernier album. Deux ans plus tard, Strange Cargo III sort avec les participations de Beth Orton, Cleo Torres et Mayer. Ensuite, il se concentre sur un album solo qui voit le jour sous le titre Hinterland en 1995. Mais l’œuvre sort sous le nom Strange Cargo et non sous William Orbit. Le public a du mal à suivre. L’album contient quelques titres excellents comme Million Town, She Cries Your Name ou Crimes Of The Futur. Dans le même temps, il réalise des remixes pour Sting et Belinda Carlisle. Il produit des albums pour Betty Boo (Boomania, 1990), Beth Orton (Superpinkymandy, 1993) et Caroline LaVelle (Spirit, 1995).

1998 : Madonna

1998 est l’année de confirmation de son immense talent à l’échelle planétaire grâce à Madonna. Sur l’album Ray Of Light de la chanteuse, non seulement il produit l’ensemble de l’œuvre mais il en co-écrit la quasi-totalité des titres. Résultat : quatre « Grammy Awards » à la clef dont « meilleur album pop » et « meilleur enregistrement dance ». Une renaissance pour Madonna en dangereuse perte de vitesse. Frozen, The Power of Good-bye, Nothing Really Matters et Ray Of Light assurent l’immense succès commercial de l’album. Il s’en écoule 20 millions dans le monde. Dans la foulée, les demandes de productions ou de remixes affluent notamment de la part du groupe Blur pour leur album 13.  Consécration après 15 années de travail et une magnifique porte d’entrée sur les années 2000.

Les années 2000 et après

La musique de William Orbit à cette époque correspond parfaitement à son temps. Entre sonorités world, musiques classique repensée et énormes productions pop, il produit une musique colorée, mondiale. Son travail pour la chanteuse pop Pink, pour No Doubt, Katie Melua, Britney Spears, ou All Saints, son neuvième album solo (Pieces In a Modern Style 2), ses remixes pour U2, Sarah McLachlan, ses collaborations avec Madonna comme sur le MDNA de 2012, tout cela en fait un producteur omniprésent et terriblement créatif. Il traverse deux décennies dans la réussite commerciale et financière. La pop des années 2000 et 2010 est imbibée de son style concoctée dans l’underground les décennies précédentes.

Le Peintre

Plus de quarante ans de carrière et Orbit livre l’album The Painter en 2022. Comme une synthèse de son état d’esprit et de son parcours artistique. Une œuvre colorée visuellement et musicalement. Les fidèles de toujours sont là telles Beth Orton et Laurie Mayer. Mais sont également présents le tanzanien Hukwe Zawose ainsi que Polly Scattergood et Ali Love. The Painter ou comme un hommage aux femmes. Sur 13 titres, sept femmes. Un résumé de sa carrière car la musique classique est infusée ci et là, la world music est omniprésente (essentiellement africaine) et l’électronique est partout. Sa signature est vite identifiable dans l’utilisation des claviers aériens et dans les rythmiques. On y retrouve un peu des Strange Cargo, un peu de Madonna et l’ensemble de son travail de producteur. Un album magnifique, un brin crépusculaire. Second Moon, No Other World ou The Diver sont des titres à posséder. La boucle est bouclée. Le peintre a donné de nombreuses couleurs au monde. Son dernier tableau est sublime.

William Orbit s’est éteint le 23 juillet 2026 chez lui, à Londres.

 

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