Mr Hancock.

herbie close up Créatif, intelligent et très talentueux, ce pianiste s’est distingué pendant cinquante ans. Il a touché au jazz, bien sûr mais aussi au hip-hop, aux courants électroniques et au R&B.

Comme son mentor Miles Davis, il a toujours été controversé. Il a tout absorbé du blues au funk en passant par le gospel et les musiques électroniques. Son style au piano et aux claviers est unique. Son phrasé est vite identifiable grâce à ses harmonies urbaines et complexes et à sa signature rythmique. Tant de jeunes musiciens ont essayé de l’imiter sur ces cinq décennies.

Herbie Hancock a été un pionnier du piano électrique “Rhodes” et de la clavinet “Hohner” puis de tous les nouveaux synthétiseurs et ordinateurs. Mais jamais il ne perdra de vu son amour pour le piano classique. Son style ne cessera jamais d’évoluer vers des formes plus complexes et il est aussi à l’aise avec un groupe funk qu’avec une section rythmique “bop”. C’est cette gymnastique, cette curiosité et cette polyvalence qui gênera les puristes tout au long de sa carrière. Mais c’est l’explication majeure de sa longévité et de son génie.

Herbie avait commencé le piano à l’âge de sept ans. Très vite, il est considéré comme un génie surtout après avoir joué un concerto de Mozart avec l’orchestre symphonique de Chicago à l’âge de onze ans. Après des études au college “Grinnell”, il est invité par un autre génie du jazz, le trompettiste Donald Byrd, à rejoindre son groupe. Nous sommes en 1961. Il ne faudra pas longtemps avant qu’une maison de disque ne lui offre son premier contrat. C’est “Blue Note” qui s’y colle pour l’album “Takin’ Off”. La reprise de son “Watermelon Man” par Mongo Santamaria participera au succès de l’oeuvre. En 1963, Miles Davis lui propose de rejoindre son groupe pour l’enregistrement de “Seven Steps To Heaven”. Il restera cinq années avec Miles jouant un rôle majeur dans les changements de direction artistique du trompettiste. Mais c’est Miles qui lui suggère de se diriger vers le piano électrique. Sur “Blue Note”, il laisse des classiques du jazz comme “Maiden Voyage”, “Cantaloupe Island” (repris un nombre incalculable de fois), “Goodbye To Childhood” et “Speak Like A Child”. Il a également joué sur de nombreuses sessions d’enregistrements pour le producteur Creed Taylor. Enfin, il signe sa première musique de film sur le long metrage “Blow Up”. De nombreuses B.O. suivront les decennies suivantes.

Byrd Donald Byrd.

En 1968, grande année, il quitte Miles pour enregistrer l’album funk “Fat Albert Rotunda”. En 1969, il forme son son sextet qui sera l’un des plus passionnant de l’ère jazz-rock. Puis il s’immerge totalement dans l’électronique en ajoutant des synthétiseurs à son funk, des pédales wah-wah et de la clavinet. Sa musique devient plus libre, plus complexe dans le rythme et la structure. Herbie Hancock est avant-gardiste. Cette démarche aboutit à la création du terrible groupe funk Head Hunters dont le premier opus éponyme très influencé par Sly Stone contient l’incroyable “Chameleon”. Cet album est avec le “Kind Of Blue” de Miles la plus grosse vente dans l’histoire du jazz.

Désormais Herbie assure tous les claviers seul. Dans les 70’s, il enregistre des albums électriques d’une qualité incroyable. Mais il n’abandonne pas le jazz acoustique. En 1965, il est dans le quintet de Miles aux côtés de Ron Carter, Tony Williams, Freddie Hubbard et Wayne Shorter pour le “festival jazz de Newport”. Mémorable !

Plus que jamais, Hancock se transforme en caméléon dans les années 80. Herbie dans les 80’s, c’est “Rock It” ! De l’électronique avec des sons de scratching de la culture hip-hop alors balbutiante. 1983 est l’année de “Rock It” et celle de “Thriller”. On sent qu’une nouvelle ère s’ouvre, en totale rutpure avec tout ce qui a précédé.

Puis il entame un partenariat avec le virtuose de la kora Foday Musa Suso dont le point culminant sera l’album “Jazz Africa” de 1986.

Il continue les compositions pour le cinéma et tourne dans les festivals jazz avec les frères Marsalis, George Benson, Michael Brecker et d’autres. Après le “Perfect Machine” de 1988, très orienté techno-pop, Herbie quitte Columbia, son label depuis 1973 et signe avec “Qwest”, label de Quincy Jones. Rien de marquant n’en sortira et il ère ensuite de label en label. Après des années 90 désastreuses, son oeuvre la plus marquante sera “Future 2 Future” en 2001. Un album magnifique où son exploration du jazz et de l’électronique est magistrale. En 2007, son interprétation du catalogue de Joni Mitchell aboutit au non moins somptueux “River : The Joni Letters”. En 2010, il enregistre “The Imagine Project” dans sept pays avec les collaborations de Jeff Beck, Dave Matthews, John Legend, India Arie, Seal, Wayne Shorter et Pink (si ! si !) pour ne citer que ceux là.

Herbie Hancock est un des derniers géants du siècle du jazz, un pionnier, un génie.

Discographie selective

herbie Takin’ Off (1962, Blue Note)**

herbie2 Maiden Voyage (1965, Blue Note)***

herbie3 Speak Like a Child (1968, Blue Note)**

herbie4 Fat Albert Rotunda (1969, Warner)**

herbie5 Head Hunters (1973, Sony)***

herbie6 Thrust (1974, Sony)***

herbie7 Flood (1975, Sony)**

herbie8 Mr Hands (1980, Columbia / Sony)**

herbie9 Future Shock (1983, Columbia / Sony)**

herbie10 Future 2 Future (2001, Transparent Music)***

herbie11 River The Joni Letters (2007, Verve / Universal)***

Artistes du même genre ou de la même époque : George Duke, Stanley Clarke, Ramsey Lewis, Weather Report, Chick Corea, Miles Davis, Billy Cobham.

 

3 comments

  1. Ping : Marc Cary

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.