The PUTBACKS

 Il y a ces musiques, classiques ou titres obscures, qui ont servi de base aux rappers car idéales pour le “sample”. Souvent produits dans les années 1960 ou 1970, ils ont été une matière brute précieuse pour la conception de rap fameux.

À leur tour, les fous furieux australiens de “Putbacks” offrent une musique brute, soul, funk aux rythmiques terriblement acérées, qui donne du sens au terme “groove”. Les plus cultivés penseront à C.T.I., à la “Blaxploitation“, à ce funk repris en improvisation par Rammelzee puis utilisé par Bambaataa et “Kool Herc” dans des “blocks-party” dantesques, berceau de la culture hip-hop.

Oui, l’album des “Putbacks” est gavé de références à ces décennies mythiques et il en est même digne. Les percussions croisent des bass “slap”, des claviers à la chaleur indéniable (“fender” entre autres), des guitares “jazzy” terriblement sensuelles et des rythmiques hallucinantes. Même Bilal est de la fête. Et le tout avec une qualité de production qui force le respect.

Formé en 2000 par Mick Meagher (bass), Rory McDougal (batterie) et Tom Martin (guitare), les Putbacks sont d’abord le groupe studio du label “Hopestreet recordings”. Ils sortent quelques maxis avant d’élargir la formation avec claviers et percussions. En 2014, sorti de leur premier album intitulé “Dawn” et les voici en 2018 avec cet opus éponyme.

The Putbacks réussissent l’exploit en enregistrant un album qui a ce côté sale du ghetto, cette noirceur crasseuse et qui porte en lui la violence de la soul des années 1970. Ces blancs-becs le font au 21eme siècle, à l’autre bout de la planète, avec un feeling jazz “à la madlib” qui fait du bien. Respect !

The Putbacks “The Putbacks” (2018, HopeStreet Recordings)*** Acheter

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