1926-2026, 100 ans de MILES / 10 albums indispensables

Difficile, très difficile de se limiter à 10 albums dans la discographie de Miles Davis. En mettant en lien ceux qui ont marqués leur temps, ceux qui traversent le temps et la réussite commerciale, voici les albums du génial trompettiste d’Alton à posséder absolument.

Round About Midnight  (1957, Columbia)

À sa sortie, cet album a un son d’une beauté inhabituelle. Les bases du cool jazz et du hard bop qui vont changer l’histoire du jazz sont là. Il y’a la beauté lyrique et harmonique du titre éponyme, les solo de John Coltrane, le son de la trompette mute de Miles et les 7’57 de Bye Bye Blackbird.

Birth Of Cool  (1957, Blue Note)

L’album sort en 1957 mais il est composé de sessions enregistrées en 1949 et 1950. Un album historique qui change la direction du jazz. Miles Davis donne une nouvelle définition du jazz West Coast aussi appelé Cool Jazz. De l’élégance avec une créativité unique qui influence toute une génération et plus.

Ascenseur Pour l’Échafaud (1958, Universal)

L’album qui fait de Miles un génie du jazz. De l’improvisation directe sur les images du film de Louis Malle. Le bassiste français Pierre Michelot y tient une place majeure. Idem pour le batteur Kenny Clarke. De l’excellence artistique, un jazz moderne qui installe Miles Davis dans les consciences collectives pour longtemps.

Kind Of Blue (1959, Columbia)

L’album le plus populaire de sa carrière. Il s’en vend 2 millions d’exemplaires, phénoménale pour un album jazz. Un groupe exceptionnel, l’un des plus grands de l’histoire du jazz. Ligne de bass immédiatement identifiable sur So What, jeu sublime à couper le souffle entre Miles et Coltrane sur Blue In Green, balayages de batterie subtils de Jimmy Cobb…Tout fait de Kind Of Blue le plus grand disque de jazz, l’essence même de cette musique.

Porgy and Bess (1959, Columbia)

Miles et Gil Evans réinventent l’œuvre de George Gershwin. Une association artistique parfaite. Le jeu du quartet composé de Cannonball Adderley, Jimmy Cobb et Paul Chambers sur Prayer (oh doctor jesus), I Loves You Porgy et There’s a boat hat’s leaving soon for New York est immense. La direction de l’orchestre par Gil Evans également. Quand le jazz devient musique classique.

Sketches of Spain (1960, Columbia)

Miles et Gil Evans pour la troisième fois. Simplement l’un des plus mémorables enregistrements du XXeme siècle. Miles joue l’un de ses plus beaux solos sur Saeta, la version de 16’ du Concierto de Aranjuez laisse sans voix. Du lyrisme, du romantisme, une multitude de tonalités de structures harmoniques, de timbres uniques. La musique folk espagnol et une approche du flamenco par un orchestre classique qui colle parfaitement au quartet de jazz. Historique et toujours très actuel.

Bitches Brew (1970, Columbia)

Une nouvelle fois, Miles réinvente le jazz en le fusionnant avec le rock. Le style jazz-rock est né. Miles s’attire un nouveau public, jeune et avoue son admiration pour Jimi Hendrix. Miles Runs The Voodoo Down en est une preuve éclatante s’il en fallait une. Un groupe neuf composé de Joe Zawinul, Bennie Maupin, Chick Corea, John McLaughlin et Lenny White, entre autres. Au total, 12 musiciens enregistrent cet album. Le guitariste John McLaughlin tient une place centrale. Il en sera de même un an plus tard sur le Tribute To Jack Johnson. Funky, chaotique, hypnotique, électrique, Bitches Brew sera disque d’or et lui rapportera un grammy, un de plus. C’est l’album d’une mutation artistique qui confirme son statut de génie.

A Tribute to Jack Johnson (1971, Columbia)

Un an après Bitches Brew, Miles livre cet album enregistré dans le plus grand secret au mois d’avril 1970. Une œuvre qui semble conçue dans l’improvisation, la spontanéité et la liberté artistique la plus totale. Mais le résultat est bien plus complexe qu’il n’y parait. Les influences de Sly Stone et James Brown sont évidentes. Ici, Miles Davis joue l’un de ses solos les plus longs et les plus funk de sa carrière. Du jazz électrique avec une énergie rock et du groove funk.

We Want Miles (1982, Columbia)

Beaucoup considèrent ce live comme le meilleur du musicien. Jamais il n’avait joué ainsi avant et jamais il ne jouera ainsi par la suite. Tout est dit.

Tutu (1986, Warner)

L’album du grand retour de Miles Davis sur le devant de la scène, dans les meilleures ventes et dans les oreilles de la jeune génération des années 1980. Le bassiste Marcus Miller lui offre huit titres concoctés avec l’aide du pianiste et producteur George Duke et avec celle de David Gamson, fameux musicien du groupe Scritti Politti qui marqua l’année 1985. Le titre Perfect Way présent sur l’album est emprunté à Scritti Politti. Huit titres mémorables à commencer par le titre éponyme ou par Portia. La crème des musiciens de l’époque est sur l’œuvre. Marcus Miller bien sûr mais également le batteur Omar Hakim, le percussionniste Paulinho Da Costa ou le pianiste Bernard Wright. Une œuvre qui s’inscrit parfaitement dans l’air de son temps, mélange de R&B et de jazz. La touche Miles en plus. Portia fait partie de ses plus grands titres. Son dernier grand travail en studio.

Christophe Augros

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