Un des grands chefs-d’œuvre du parrain de la soul réédité en vinyl et en exclusivité par la FNAC
L’album
The Payback, c’est huit titres fabuleux, typiques du groove inégalé de Mr Dynamite. Des titres plus longs, neuf minutes en moyenne. L’album s’inscrit dans un hallucinant enchainement commencé en 1970 avec Sex Machine et qui s’achèvera en 1974 avec Hell. En quatre ans, James Brown marque l’histoire de la musique soul pour toujours. C’est un concept album qui s’écoute d’un trait, sans aucun blanc entre les titres. Aucun répit.
Mr Brown y est à son sommet. Ses performances vocales sont époustouflantes par leur originalité, leur puissance, comme sur le terrible titre éponyme qui ouvre l’album. La guitare de Jimmy Nolan soutenue par les cuivres, la basse de Sweet Charles Sherrell et la batterie de John Starks assure un funk furieux et désormais culte à l’ensemble de l’œuvre. Shoot Your Shot est terrifiant. Son saxophoniste Maceo Parker y assure des solos étincelants parmi les plus mémorables. Idem pour le tromboniste Fred Wesley. Sur Time Is Running Out Fast, ils trouvent l’espace pour improviser, dialoguer et s’exprimer, presque à bout de souffle. Un titre instrumental qui incarne à lui seul l’essence même de la musique funk. Un titre enraciné dans l’Afrique dans lequel Fred Wesley tient encore une place essentielle. Ce dernier co-écrit l’ensemble de l’album. Au titre 6, alors que l’auditeur est déjà épuisé par tant de groove, le groupe acène deux coups fatals : Stone To The Bone et Mind Power, deux classiques du répertoire James Brown. Ici, les musiciens n’ont plus besoin de se parler. L’osmose est parfaite, précise et redoutable. Plus de 50 ans plus tard, cet album inspire toujours la danse, la transe. On y trouve certains titres parmi ses plus hypnotiques, Stone To The Bone en tête.
A cette période, James Brown venait de perdre son fils dans un tragique accident de la route. Il trouve dans ce drame, la rage, la fureur et l’agressivité nécessaires pour un grand disque. Il enregistre aussi Forever Suffering, un titre poignant de l’album sur la souffrance et le manque d’un être cher. Des pauses, des contre-temps, des solos, tout fait de l’album une œuvre immense. La flûte de St Clair Pickney, la rythmique et la reprise à la 4’30 sont insensées et font de Mind Power un titre indémodable.
Les textes quant à eux s’adressent directement à la communauté noire. Les thèmes principaux sont égalité, trahison, résilience. Il s’agit ici de vécu. James Brown a été trahit. Sa colère écrite noire sur blanc se traduit aussi en rythmes puissants qui font mal.
Le contexte
Les changements politiques et sociaux sont profonds. Une période de récession s’ouvre et les plus touchés sont les minorités ethniques dont la communauté afro-américaine fait alors partie. La vie est encore plus dure dans les ghettos tel Harlem. Mind Power fait référence à ce contexte et s’adresse aux afro-américains. « You see in the ghetto you find a whole lot of crime » ou « if you don’t work you can’t eat » sont assez clairs. Pour manger, il faut travailler, c’est ainsi. L’artiste rappelle qu’avant d’avoir des manteaux de fourrure, il a travaillé durement dans la rue. La chanson Shoot Your Shot quant à elle transmet un message d’indépendance et encourage les individus à affirmer leurs décisions, leurs désirs sans sa laisser influencer par les autres. Ne vous laissez pas imposer les dictats d’autrui. Un message de plus pour les afro-américains dans une lutte qui semble continue pour égalité et justice.
The Payback voit donc le jour dans ce contexte et les textes sont le reflet des états d’âmes de l’artiste et des problèmes vivaces des afro-américains.
Influences
Personne n’atteindra un tel niveau dans la musique black les décennies suivantes. Impossible de pressentir avec the Payback que ce groupe touche à la fin de sa grande période. Hell un an plus tard et plus rien ne sera jamais pareil pour James Brown. Le disco emportera tout sur son passage. Bien sûr James Brown enregistrera encore des titres mémorables mais aucun album ne sera aussi dense. Il faudra l’arrivée du rap pour lui redonner du prestige et de la présence. Le duo rap Eric B & Rakim connaitra un succès majeur en 1987 avec l’album Paid In Full grâce à leur titre I Know You Got Soul construit sur le même titre de Bobby Byrd de 1971 produit par James Brown. Les rappers de la fin des années 1980 puis des années 1990 utiliseront constamment la musique du godfather of soul. Dr Dre utilisera Funky Drummer sur son Let Me Ride en 1992, Massive Attack utilisera The Payback sur son Protection en 1994, Outkast utilisera Get Up On The Good Foot sur son B.O.B. en 2000 et la liste est encore longue, très longue, très très longue.
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Christophe
