Daniel Lanois est un des artistes les plus influents et les plus surprenants de la fin du 20eme siècle. Son palmarès est aussi fort que sa discrétion. Et ceci est valable pour ses collaborations comme pour ses albums solo.
Les Débuts
ville de Hull
Daniel Lanois est né en 1951, au Québec, dans la ville de Hull. Sa famille francophone avait de profondes racines dans la musique : sa mère était chanteuse, son père et son grand-père étaient des violonistes accomplis. En 1963, suite à la séparation de ses parents, il s’installe avec sa mère en Ontario, dans la ville d’Hamilton. C’est à cette époque qu’il apprend à jouer de la guitare avec son frère Bob. Ensemble, ils réalisent leurs premiers enregistrements. En 1970, ils se professionnalisent en achetant un 4 pistes et en montant un home studio. Ils offrent leurs services aux groupes de la région pour 60 dollars.
Avec le temps, la réputation des frères Lanois gagne du terrain. Ils apparaissent comme des arrangeurs, producteurs et compositeurs solides. Le studio s’agrandit et est vite baptisé « Grant Avenue Studio ». Lanois travaille alors de plus en plus souvent avec Brian Eno. Celui-ci devient son mentor. Ensemble, ils passent des semaines à expérimenter des titres ambient, expérimentales grâces à des manipulations techniques osées et inédites pour l’époque. Lorsqu’Eno rentre au Royaume-Uni, Lanois reste en Ontario. Il enregistre une série d’LP pour le groupe local Martha & the Muffins. En 1983, il produit des improvisations pour le trompettiste Jon Hassell. L’année suivante, il retrouve Eno pour Hybrid, une collaboration avec le guitariste Michael Brooks puis pour The Pearl, autre collaboration avec Harold Budd cette fois.
1984, 1986 et 1987 : de l’artisan à la star planétaire

En 1984, Daniel Lanois répond présent à l’invitation de Brian Eno pour travailler sur l’album The Unforgettable Fire du groupe irlandais U2. Pride (in the name of love) est sur cet album. Il est un des producteurs de l’œuvre. Peter Gabriel, autre star de l’époque, est si impressionné par son travail qu’il l’invite à travailler sur la B.O. du film Birdy. Elle est un succès de l’année 1985 et lui ouvre les portes pour l’album So de Gabriel. Cet album, emblématique des années 1980 et de la carrière de l’ancien Genesis est brillant. Lanois est un des artisans de l’œuvre. Producteur, guitariste, il assure les arrangements de cuivres, la guitare et le tambourin. Désormais, son nom est associé à deux enregistrements majeurs. Et ce n’est que le début. L’année 1987 en fait un artiste intouchable. Il réitère l’expérience avec U2 pour The Joshua Tree. Where The Streets Have No Name, I Still Haven’t Found What I’m Looking For, With Or Without You et un grammy award pour Lanois. C’est fait, Daniel Lanois est l’un des producteurs les plus respectés de la planète à l’aura presque surnaturelle. Son nom sera désormais associé à U2 et Peter Gabriel.
1989 et les années 1990

Après un tel palmarès, l’argent n’est plus un problème. Par conséquent, la peur de l’échec disparait et oser devient plus facile. Daniel Lanois va se faire plaisir sur ses albums solo.
Il clôt la décennie 1980 avec le Oh Mercy de Bob Dylan, considéré comme son meilleur depuis très longtemps. Toujours en 1989, il offre un standard aux Neville Brothers avec la chanson Yellow Moon. Ce groupe de la Nouvelle-Orleans enregistre avec lui son titre le plus populaire. Il s’installe dans leur ville. 1989 est aussi l’année où il conçoit et enregistre Acadie, son premier opus solo. Adam Clayton (bassiste de U2), Brian Eno et les Neville Brothers sont de l’aventure.
En 1991, il retrouve U2 pour Achtung Baby : One, The Fly, Mysterious Ways, Love Is Blindness, Until The End Of The World…Lanois assure le mix, la guitare parfois, les percussions et une partie de la production. Et puis il travaille ensuite sur le sublime US de Peter Gabriel qui voit le jour en 1992. 1993 sera l’année du deuxième opus solo : For The Beauty Of Wynona. 13 excellents titres, preuves que Lanois a de belles choses à exprimer seul.
À partir de 1995, il enchaine les productions avec Emmylou Harris, Luscious Jackson, Willie Nelson et de nouveau Bob Dylan. En 1997, Time Out Of Mind marque un retour fulgurant de Dylan. Les années 2000 sont déjà là. Il est temps de se consacrer au All That You Can’t Leave Behind des U2…
Priorité à la carrière solo
À partir de 2003, le québécois se recentre sur ses projets solo. Shine, troisième œuvre sous son nom, est commercialisé et reçoit un accueil chaleureux. Emmylou Harris et Bono sont invités. Deux ans plus tard, Belladonna sort avec le même accueil. Puis c’est le photographe Adam Vollick qui lui consacre une année. Il suit Lanois en tournée, avec ses amis et dans sa seconde maison : le studio d’enregistrement. Il en résulte Here Is What Is, un dvd commercialisé en 2008.
Entre 2008 et 2010, il passe du temps a former un nouveau groupe. Il recrute le bassiste Daryl Johnson, le batteur Brian Blade et le chanteur / pianiste Trixie Whitley. L’album Black Dub sort en 2010 et le groupe part dans une tournée internationale.
En Conclusion
Entre 2014 et 2026, Daniel Lanois enregistre six albums solo dont le sublime Player, Piano de 2022. En conclusion on peut dire que Daniel Lanois est un producteur exceptionnel. Il est toujours à la recherche d’une esthétique sonore unique, d’atmosphères mélodiques, sensibles, parfaites techniquement. Producteur de musique, chanteur, musicien et auteur-compositeur-interprète, sa sensibilité a marqué le monde de la musique des années 1980 à aujourd’hui.
