Le Somptueux “WUHEN” de KAMAAL

Voilà un album qui devrait ravir tout amateur de bonne musique groove, chaude, techniquement de très haut niveau avec une inspiration à la hauteur de la technique.

Batterie, bass, cuivres, Kamaal Williams nous ramène aux hautes heures du jazz-funk façon “Headhunters” ou “Madhouse”. On pensera également au “N.E.W.S.” du petit “Prince” de Minneapolis. Parfois, le temps est suspendu à la beauté d’une intro sax (“Street Dreams”), parfois l’esthétique électronique fait son entrée sur une rythmique absolument redoutable (“One More Time”) et l’élégance de J Dilla renait de ses cendres. Parfois les cordes se font princière comme du temps d’une intro à la Jill Jones (“1989”). Souvent, le saxophoniste Miguel Atwood Ferguson nous fait voyager loin, très loin soutenu par une bass métallique lourde et puissante, souvent jouée en “slap”.

Kamaal Williams nous dévoile également le temps de quelques titres, son amour pour la France. La ville de Toulouse et le quartier parisien de “Pigalle” semblent lui tenir à cœur. A chaque lieu sa couleur, son rythme, son romantisme ou sa force. Et puis il y a les titres plus personnels donc davantage dans l’émotion (“Mr Wu”, le grand-père). Tiens ! “Early Prayer” est là. Vous venez d’écouter 10 titres sans vous en rendre compte. Le temps était à nouveau sur pause, c’est déjà fini et il règne comme un parfum de poésie, de beauté, comme un goût de “reviens-y”.

“Wuhen” est un bijou, un album comme vous en entendez rarement. Davantage de musiciens comme lui et, à coup sûr, le jazz reprendrait des couleurs. Superbe !

Kamaal Williams “Wuhen” (2020, Black Focus Records)*** Acheter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.