DE PRETTO

 Parfois, on se retrouve très impressionné de façon tout à fait imprévue et ça fait du bien. Elles sont faciles les phrases du genre “le rap est mort”, “la grande période du rap est terminée depuis longtemps” ou encore “les rappers d’aujourd’hui n’ont plus rien à dire”.

Il peut nous arriver de dire ce genre de conneries. ça m’est arrivé. Et puis un jour, vous tombez sur un Eddy De Pretto. La claque est puissante et vous en sortez sonné. Ce cristolien, personne originaire de Créteil pour les ignares…Comment ? je le sais parce que je viens de Créteil ? oui, un peu, c’est vrai. Ce cristolien, disais-je donc, est né en 1993. Là, deuxième claque. Merde ! Le mec n’a que 25 ans. Il est né quand on écoutait NTM, IAM et Keith Sweat. ok. Première claque bien prise et on écoute l’album.

Dans un premier temps, j’ai eu du mal à comprendre. J’avais du mal à gérer l’effet de la musique de De Pretto. Ses textes puissants touchent en profondeur parce qu’ils sont bien écrits et parce qu’ils sont bien dit. Là, nous sommes dans l’essence même du rap et dans celle de la poésie française : Avoir des sujets valables et les dire correctement. Ensuite, le genre musical au carrefour entre électronique, pop et tradition française déstabilise beaucoup. Les ambiances encore plus : Ecoutez “Jimmy” ou “Desmurs” et vous comprendrez mon propos. Et puis il y a les textes personnels très émouvants. Là, il faut bien le dire, “Mamère” est un modèle du genre.

Eddy De Pretto s’incrit dans la lignée des MC Solaar, des 20syl ou des Gael Faye. Je ne parlerais pas de phénomène mais le monsieur sort du lot, c’est clair et il mérite votre attention, encore plus clair. On court !

Eddy De Pretto “Cure” (2018, Initial Artist Service / Universal)*** Acheter

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