Kala Jula

sangoyi Dans les années 90, en pleine explosion de la world music, l’Afrique était à l’honneur en France. Salif Keita, Mory Kante, Ismael Lo, Ali Farka Toure, Toumani Diabate, Youssou N’Dour, Geoffrey Oryema…Ils étaient nombreux à porter haut les différentes cultures du continent.

Aujourd’hui, Kala Jula perpétue l’héritage de ces grands artistes et avec brio.

Samba Diabaté est l’un des guitaristes les plus appréciés de Bamako. De Toumani Diabaté à Djelimady Tounkara, tous les plus prestigieux ambassadeurs contemporains des musiques mandingues font appel à lui.

Vincent Zanetti, longtemps compagnon de scène du regretté Soungalo Coulibaly, légende du djembé, l’accompagne à la zena, harpe à chevalet de la famille de la kora, ainsi qu’à la guitare et aux percussions africaines.

Vincent Zanetti et Samba Diabaté forment le duo “Kala Jula”. Ils sortent ce deuxième album, aux couleurs du Mali. Un blanc qui joue du djembé tandis que le noir assure la guitare, c’est déjà inédit en soi ! Leur musique est belle, subtile, rythmée, douce. Leurs musiciens jouent également un rôle important. Que dire du jeu de trompette de Yannick Bergman sur “Palabres Bleues” ? C’est là que vous vous souviendrez de la proximité du canton de Valais, en Suisse, avec le canton de Vaud qui nous a offert Marcello Giuliani et Nya (compagnons de route d’Erik Truffaz), mais aussi la famille Bugnon (Alex et son frère Cyril). Bref ! La région est celle du jazz. Le jeu de Bergman s’inscrit dans cette lignée et la fusion de son style dans l’ensemble est absolument remarquable. “Palabres Bleues” est un moment fort de ce nouvel opus.

Il en va de même pour Stéphane Chapuis dont la douceur de l’accordéon sublime le titre “Blues pour Mithiou”.

Techniquement, c’est remarquable. Mais ce qui l’est encore plus, c’est leur inspiration, leurs idées. Il règne une ambiance magnifique sur cet album, une petite fenêtre hors du temps, universelle, bien utile par les temps qui courent. Kala Jula nous rappelle simplement que la musique est un vecteur d’unité qui soude des peuples pourtant bien différents. Car enfin, l’un vient du pays des banques où les secrets ne manquent pas, l’autre du continent le plus pauvre, le plus ouvert et le plus contrasté de la planète. Mais leur musique parle à tout le monde et cela avec des instruments traditionnels, loin des nouvelles technologies et des surproductions. Oui, Kala Jula force le respect.

Et sur scène, on passe sûrement à une autre dimension. Un album d’utilité publique fortement conseillé.

Kala Jula “Sangoyi” (2015, Buda)***

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