Entre 1979 et 1986, le disco devient moins mélodique. En France, le mot funk est alors utilisé pour définir une musique encore hybride entre disco et funk. Les Américains disent R&B.
Les historiens admettent que plus jamais nous ne vivrons de période telle que celle qui couvrit les décennies 1970 et 1980, en Europe et surtout en France. Pas de guerre, un marché de l’emploi proche du plein emploi, une croissance entre 5 et 10, une consommation indécente, pas d’épidémie planétaire… Ce contexte permettait à la classe la plus grande, la classe moyenne, de vivre dans un bonheur plein. Ce fut exceptionnel. Jamais un tel contexte n’avait existé avant. Il ne s’est pas représenté depuis. Le marché de la musique en était le reflet. Voilà pourquoi les années 1980 servent régulièrement de référence sur le sujet. Voilà pourquoi ces années sont souvent sujet à une grande nostalgie pour certains. Il suffit d’observer le nombre d’émissions télé ou de compilations consacrées au sujet pour s’en rendre compte.
Si l’on se concentre sur la musique, ce fut le rock et plus largement la pop qui dominèrent de l’après seconde guerre mondiale et jusqu’aux années 1970. Le jazz tirait bien son épingle du jeu. Mais pour beaucoup, c’était juste une musique de nègres. Les années 1970 et encore plus les années 1980 changèrent cette situation. La première fut celle des grands festivals, des grandes messes populaires, du live. La seconde fut celle du disque, du vynil puis en fin de décennie du CD.
Entre 1979 et 1986, la musique dite black est le reflet parfait de ces transformations. La consommation de musique est exceptionnellement haute. Elle est donc enregistrée live. Aucun souci pour payer des musiciens et des séances studio interminables. Un album rapporte au moins dix fois son coût. La musique a donc la chaleur des instruments joués live. La soul puis le disco permirent à de nombreux producteurs et auteurs / compositeurs de devenir très riches. Entre 1979 et 1986, le disco devient moins mélodique. En France, le mot funk est alors utilisé pour définir une musique encore hybride entre disco et funk. Les Américains disent R&B. Sur cette période, la classe moyenne fait la fête dans une insouciance quasi générale. La musique est donc d’abord et surtout conçue pour les clubs, les discothèques. Le rap fait une entrée remarquée. Bientôt, le format « radio », plus court, fera son entrée.
J’ai tenté de sélectionner ceux qui ont le plus marqués ma génération. Nous étions adolescents, les radios libres émergeaient et n’étaient plus interdites. Nous étions en quête d’imports, ces disques non distribués par les maisons de disques françaises mais disponibles grâce à des importateurs intelligents, avides de bénéfices importants. Je crois qu’ils sont le symbole de ces années. Depuis 40 ans, on retrouve régulièrement ces chansons sur les compilations quel que soit le support. Et les jeunes d’aujourd’hui apprécient encore la musique de ces « golden years ». Je les ai classés par ordre chronologique. Ainsi, les changements de sons apparaissent clairement. Bonne écoute et bonne fête !
Whispers and the beat goes on 1979
Michael Jackson Don’t stop til you get enough 1979
Change the glow of love 1980
BB & Q Band on the beat 1981
Kool & the gang get down on it 1981
Skyy let’s celebrate 1981
Rick James Superfreak 1981
Shalamar 1982
SOS Band high hopes 1982
Fat larry’s band act like you know 1982
Patrice Rushen Forget me nots 1982
Melba Moore Love’s coming at ya 1982
D-Train you’re the one for me 1982
Secret Weapon must be the music 1983
Jocelyn Brown Somebody Else’s guy 1984
Midnight Star 1986
