BAABA MAAL : de Podor au succès planétaire.
BAABA MAAL : de Podor au succès planétaire.

BAABA MAAL : de Podor au succès planétaire.

Baaba Maal est un chanteur, compositeur et guitariste sénégalais de renom. Il chante en Fulani et a incrusté des éléments de pop occidentale à sa musique africaine traditionnelle. Son album Djam Leelii lui permettait d’être connu sur la scène internationale.

 

Origine

Baaba Maal est né en 1953 à Podor, dans le nord du Sénégal. Son père était pêcheur et musulman pratiquant. Il était souvent avec lui pendant l’appel à la prière quotidien. Cet exercice l’aidera à développer sa voix, sa puissance vocale. Sa mère jouera un rôle important dans son goût pour la musique. Elle lui enseignera la folk musique du peuple tukulor.

Très tôt, Maal souhaite devenir chanteur mais il se heurte au refus du père qui voit en lui un pécheur. À l’époque, les seuls musiciens acceptés dans le pays sont les griots, garants de l’histoire et de la culture sénégalaise par le chant. Grâce à son ami Mansour Seck, guitariste, chanteur et descendant de griots, Baaba Maal trouve sa voie. Les histoires orales du père de Seck le fascinent. Très vite, les deux amis parcourent le Sénégal durant les années 1970. Ils vont de village en village, séjournant parfois plusieurs jours avec des familles de griots. Ils apprennent beaucoup et Seck encourage Baaba Maal à devenir chanteur.

Vers la professionnalisation

Après ses études secondaires, l’école des Beaux-Arts de Dakar lui offre une place. Toujours accompagné de son ami Seck, il étudie la musique classique et la pop occidentales. Le duo rejoint Asly Fouta, un orchestre de 70 musiciens qui tourne en Afrique de l’Ouest, célébrant la culture Tukulor. Ils le quittent en 1977. Quatre ans plus tard, Baaba Maal obtient une entrée au conservatoire de Paris. Seck est toujours là. Le duo enregistre l’album Djam Leelii à Bruxelles en 1982. Au décès de sa mère en 1984, il retourne à Podor. L’année suivante, il forme Daande Lenol, un groupe de neuf musiciens. Ensuite, ils deviennent populaires au Sénégal grâce à des k7 vendues sur les marchés. Mais leur implication dans les problèmes sociaux et leurs critiques de la politique jouent contre eux. Ils sont interdits en Mauritanie.

  La reconnaissance

En 1985, Maal, Seck et Daande Lenol enregistrent l’album Wango pour le label français Syllart. Les radios françaises, allemandes et belges passent leurs titres. Quelques DJ londoniens également. Du coup, Djam Leelii sort aux Etats-Unis et en Angleterre en 1989 sur le label Mango, branche World du label Island de Chris Blackwell. Les médias en parlent dans de nombreux pays. Taara suit en 1990 sur Syllart, en France. Les bass funk, les cuivres R&B et la pop sénégalaise inscrivent Maal dans le courant world music. L’album Baayo de 1991 enfonce le clou. Seck est toujours là mais l’œuvre est clairement le reflet de la personnalité de Maal. Celui-ci ajoute des claviers aériens, des rythmiques solides à ses mélodies folk sénégalaise. De plus, sa voix est soutenue par trois guitares acoustiques et par des percussions. L’année suivante, l’album Lam Toro est plus lisse, électrique. Il est le résultat d’un travail de studio et la musique sonne moins authentique. Le succès commercial est modéré.

1995-2002 : star de la world music

En 1995, le producteur Simon Emmerson entre dans le jeu. Il se rend à Podor avec Maal afin de trouver des musiciens. Après quelques séances studios, ils se rendent à Londres pour assembler des titres non mixés avec le travail des musiciens de Podor. Il en résulte l’album Firin’ In Fouta de 1995, autre grand succès de son parcours. Un véritable kaléidoscope au large spectre allant de la musique sénégalaise traditionnelle à la salsa au ragga en passant par la harpe celtique. Le tout avec des cordes, des instruments à vent et avec des invités jazz de renom tel le saxophoniste Andy Sheppard. L’album lance la carrière du groupe rap Positive Black Soul et celle des Afro Celt Sound System. Baaba Mal sera gratifié d’une nomination aux Grammy Awards pour cet œuvre.

Le Nomad Soul de 1998 applique la même méthode. Sept producteurs se partagent l’album dont Emmerson, Mykaells Riley, Brian Eno, Jon Hassell et le surdoué Howie B. Robbie Shakespeare du duo Sly & Robbie assure la bass sur Fanta et la star ragga Luciano entre sur le titre Africans Unite (Yolela). Baaba Maal travaille également pour l’organisation Red Hot dont le but est de récolter des fonds pour lutter contre le sida. Il enregistre une reprise du Bess, You Is My Woman Now pour le projet Red Hot + Rhapsody : the Gershwin Groove, un hommage à George Gershwin dont les bénéfices sont entièrement reversés à la recherche contre le sida.

L’année suivante, son concert au Royal Festival Hall sort en dvd et cd. En 2001, il sort Missing You (Mi Yeewnii) sur Palm Pictures. Un retour aux racines sénégalaises. 11 titres marqués par la folk de son pays, dans l’esprit de ses premiers enregistrements. Un an plus tard, retour vers l’organisation Red Hot pour le projet Red Hot + Riot : The Music and Spirit of Fela Kuti. Il reprend le No Agreement de Fela avec le batteur Tony Allen, Ray Lema, Positive Black Soul et Archie Shepp. Maal est désormais un grand du continent africain et de la world music. Il incarne bien ce mélange des genres qui marqua les années 1990 et fut baptisé world music. Meilleur façon de rassembler les cultures et de lutter contre haine racisme.

De 2006 à aujourd’hui

En 2006, Baaba Mall crée le festival de musique Blues du Fleuve dans sa ville natal de Podor. Deux ans plus tard, une compilation de ses meilleurs titres acoustiques live sort sous le titre On The Road. La même année, il enregistre le titre phare du jeu video Far Cry 2 et de nombreuses musiques du même jeu. 2009 est l’année de Television, nouvel album studio. Enregistré à New-York avec The Brazilian Girls et Barry Reynolds, l’album est centré sur les nouvelles technologies. Ses qualités de mélodiste, auteur, chanteur et guitariste sont toujours bien présentes. Mais le succès commercial est loin des attentes.

Les années 2010 ne seront plus celles du succès solo. Il travaille étroitement avec Winston Marshall des Mumford & Sons. Il est avec eux sur leur album mini album Johannesburg. En 2017, on le retrouve sur le Live from South Africa : Dust and Thunder. Les années 2010 seront synonyme de réussites pour le cinéma. En 2018, il écrit et enregistre Wakanda avec le compositeur Ludwig Göransson pour la B.O. du film Black Panther. Interlude en 2019 pour l’album du chanteur Llam sur lequel il est choriste. Puis retour au cinéma avec la B.O. du film Black Panther : Wakanada Forever. Il apparait même dans le film, dans la scène d’ouverture, pour chanter Nyana Wam, chant traditionnel africain.

2021 et presque 40 ans de carrière. Il se remet à composer et à arranger de nouvelles chansons avec son groupe. Il expérimente de nouveaux sons, de nouvelles textures de sons, de nouveaux tempo. Il cherche le bon équilibre entre acoustique et technologies. Produites par Hugo, les chansons contiennent de superbes melodies, des rythmiques complexes et syncopées, de beaux chants. L’album Being reçoit un accueil enthousiaste dans de nombreux pays en 2023 pour sa palette de rythmes ambitieuse, ses textes poignants. À suivre…

Discographie Sélective

Djam Leelii (1989, Mango)***  Applemusic

  Baayo (1991, Mango)***

Lam Toro (1992, Mango)*** Applemusic

Firin’ In Fouta (1994, Mango)**  Applemusic

Nomad Soul (1998, Palm)** Applemusic

Missing You (Mi Yeewnii) (2001, Palm)*** Applemusic

Television (2009, Palm)**  Applemusic

The Traveler (2016, Palm)***  Applemusic  FNAC

Being (2023, Marathon)** Applemusic    FNAC

 

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