Relax MILLER

 “Laid Black”, nouvel album du légendaire bassiste Marcus Miller, sort sur le label “Blue Note” trois ans après “Afrodeezia”.

“Laid Black” réunit plusieurs générations d’artistes venus d’horizons divers. D’une part, le guitariste Jonathan Butler, le groupe vocal “Take 6” et Kirk Whalum, tous des vétérans du jazz. De l’autre, Trombone Shorty, Selah Sue et Alex Han, nouvelle génération au futur brillant. Comme son nom l’indique, cet album est relaxe. Il s’écoute facilement et couvre différents courants de ces trente dernières années. Comme d’habitude, Miller use à merveille de sa bass métallique. Alex Bailey et Louis Cato font des merveilles à la batterie assurant ainsi une base rythmique des plus solides. L’expérience est là et tout semble facile sur “Laid Black”. Il règne une décontraction très impressionnante. Le “passeur” Miller sait tirer le meilleur des anciens et valoriser les petits nouveaux. Sur “Sublimity Bunny’s Dream”, écrit avec son saxophoniste Alex Han, le dialogue entre bass, sax et trompette est à la hauteur des grandes discussions entre Miles et Kenny Garrett à la fin des années 1980. Jonathan Butler apporte par le chant une couleur africaine nostalgique et sublime. Nostalgie également très forte sur “Preacher’s Kid”. Sur “Que Sera Sera”, l’ambiance est plus “roots”. La voix rauque et brut de Selah Sue ainsi que les cuivres transportent l’auditeur dans le sud des Etats-Unis. Ce côté “vintage” est largement amplifié par l’utilisation du wurlitzer.

Dans l’ensemble, cet album insiste sur les bases de la musique noire américaine et sur la technique avec une facilité déconcertante. Mais c’est un euphémisme avec Miller. On aurait pu croire à un énième album routinier. Il n’en est rien, c’est un grand disque, un de plus pour ce bassiste déjà entré dans l’histoire de la musique. 

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