WAXIDERMIST

Waxidermist est parisien. Il joue une musique urbaine à la croisée des cultures Hip-Hop, soul et jazz. Une musique puissante qui respecte les courants dont elle est issue. Rencontre.

En effet, Waxidermist fait preuve d’une authenticité qui force le respect. Les sons de scratch sont excellents, les rappers également. Quant aux musiciens, citons Yann Cléry (flûte) et Elodie Rama (ancienne partenaire des Tribeqa et Hocus Pocus) et tout est dit.

Tel un DJ Cam, il est capable d’offrir des titres instrumentaux aussi prenants que les chansons ou les raps en balayant les époques. Preuve d’une grande culture musicale, preuve qu’il a bien digéré ses influences.

« Tribe » est composé de 22 titres dont la moitié est instrumental. Déjà sept ans depuis la première sortie (« The Waxidermist », 2015) et toujours ce même souci de précision et de qualité. Un artisan qui prend le temps nécessaire à la fabrication de perles. Mpc, choix des samples, compositions des rythmes, choix de l’équipe, ici rien n’est laissé au hasard. À l’arrivée, une œuvre originale, enracinée dans la source, qui plaira aux puristes.

Waxidermist ne fait pas de concessions. Tant mieux ! C’est ainsi que l’on fédère un public de passionnés et de connaisseurs. C’est ce qu’il fait encore une fois avec « Tribe ». Rencontre.

Bonjour et merci.

Musiculture : En arrivant sur la page bandcamp de votre nouvel album, en voyant le visuel, je pense immédiatement à IAM et au Wu-tang. Est-ce voulu ? Des influences pour vous ou pas du tout ?  

Waxidermist : Alors ça n’est pas forcément voulu, mais très clairement Wu-Tang Clan et IAM sont des influences importantes pour moi (parmi beaucoup d’autres), j’ai grandi avec ces 2 groupes. Concernant le visuel (dont les illustrations sont signées Quentin de Grivel – Biscuit Studio), les références sont des mangas comme « Samourai Champloo », des jeux vidéo tels que « Ghost of Tsushima », mais aussi beaucoup de films asiatiques des années 70, ainsi que l’univers visuel global de Tarantino…

M : j’ai beaucoup entendu « Mattic » avec vous. Cette fois, il y a DistantStarr, il arrive d’où ce monsieur ? Comment l’avez-vous rencontré ?

W : DistantStarr est un rappeur américain. Nous faisons tous les 2 partie d’un crew qui porte le nom de « Doombap », qui regroupe des « beatmakers » (Jesus Crise, JoStereo) ainsi que des vocalistes (RacecaR, Mike Ladd, Davu, DistantStarr…)  ! Cette connexion s’est faite grâce à RacecaR, avec qui je travaille depuis longtemps. Je le remercie car effectivement, la rencontre avec DistantStarr a été une évidence sur l’envie de travailler ensemble, avec un état d’esprit commun. « Inner Peace » est notre première collaboration, et j’espère qu’il y en aura beaucoup d’autres…

M : Avec vous Yann Cléry, Bibi Tanga et Elodie Rama. Cette dernière a travaillé avec Hocus, Tribeqa, entre autres. Yann avec Booster et Jazz Liberatorz, entre autres. Au-delà de leurs qualités indéniables, les choisissez-vous également pour la qualité de leur parcours et leur état d’esprit ?  

W : Toutes ces personnes sont des artistes que je connais depuis pas mal de temps. Il est important pour moi de travailler en famille, avec des gens de confiance ! C’est le cas avec tous ces artistes. C’est aussi la raison pour laquelle les musiciens et artistes de mes différents projets sont souvent les mêmes… c’est une histoire de confiance mutuelle, et je n’imagine pas un prochain projet sans cette équipe formidable. Ça fait partie de mon équilibre.

M : Pourquoi séparer votre album en deux parties ? L’instrumental est aussi important que ça pour vous ?

W : Cela concerne la sortie digitale uniquement (En vinyle, je n’ai pas eu la place pour mettre les instrumentaux) ! Mais oui, les versions instrumentales sont importantes pour moi, tout autant que les versions chantées et rappées. Ça n’est pas vraiment une séparation, mais il me semblait claire de faire 2 chapitres. C’est aussi l’occasion d’écouter plus en détail les instrumentaux et de mettre à l’honneur le travail des musiciens formidables avec qui je travaille. (Jesus Crise : Scratch, Yann Cléry : Flute, Matthieu Detton : Violoncelle, David Monet : Claviers, G’s Way : Percussions, Jerome Perez : Guitare)

M Quand je vous écoute, je pense à DJ Shadow, à Gangstarr mais aussi à la soul des 70’s ou à Urban Species : quelles sont vos influences musicales exactement ?

W : Merci pour ces belles références, qui font clairement partie de mes influences… Et c’est assez compliqué de répondre à cette question, car mes influences sont assez larges… Cela va des albums Soul-Funk, au Hip Hop, en passant par les bandes originales de film des années 70, ou encore le jazz groove du monde entier… Si je dois résumer je citerais : Stevie Wonder, A Tribe Called Quest, The Herbaliser, Lalo Schifrin, Nujabes, J. Cole, Menahan Street Band, Saba, Bill Withers, J. Dilla… Mais ça n’est qu’une petite sélection.

M : 4 ans entre cet album et le précédent. 4 ans à cause de la pandémie ou est-ce le temps nécessaire pour la conception d’un album ?

W : C’est un mélange des 2… Je pensais terminer et sortir l’album plus tôt, puis la pandémie est arrivée… Ce qui a changé tout le planning initialement prévu…Mais oui, il me faut du temps pour réaliser un album comme « Tribe », avec un concept et une histoire à raconter.

M : 7 ans depuis « the waxidermist ». Qu’est ce qui a changé chez vous dans la conception de la musique ? dans la façon de travailler ?

W : Ma manière de travailler reste, je pense, la même sur le fond. Un mélange de samples et de vrais instruments, ainsi qu’une volonté de faire des bandes originales de films imaginaires, de raconter des histoires, d’emmener les gens dans mon univers… Ce qui a changé, ce sont les outils pour faire de la musique (je suis passé de la MPC à un ipad pour maquetter beaucoup de morceaux au départ, même si je finalise tout dans mon studio). L’iPad m’a permis d’avoir une liberté et de pouvoir faire de la musique partout ! En fonction du concept de chaque projet, cela influence ma recherche de matières à sampler, de même que ce que j’écoute et qui m’influence…

M : Tribe : pourquoi ce titre ?

W : C’est à la fois la route que suit mon personnage « The Waxidermist » dans ce disque. Ce voyage initiatique, sur fond d’onde asiatique, où il va rencontrer en chemin pas mal de personnages qui vont devenir sa tribu, son clan… J’aime assez comment cela est raconté dans le teaser vidéo que l’on a mis sur YouTube, avec cette superbe voix off… Comme un teaser de film… il y a aussi la référence à A Tribe Called Quest… Mais derrière ce nom, c’est surtout pour moi, un hommage à toute cette équipe avec qui je travaille depuis longtemps (musiciens, rappeurs, vocalistes…). Ils sont ma famille, ma tribu ! Ma musique ne serait pas ce qu’elle est sans eux ! il était important pour moi de leur rendre hommage avec cet album et de les mettre en lumière !

M : Vous pensez à un concept pour la scène ?

W : Je suis totalement dans la réflexion du spectacle sur scène… Je ne suis pas encore arrêté sur un concept, mais j’espère proposer quelque chose qui colle à l’univers de ce projet…

M : Le retour du vynil : un diggers comme vous doit être ravi, non ?

W : Totalement !

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