Mosaïque Afrique

afrique_carte L’Afrique jouit d’une diversité et d’une richesse musicale extraordinaire. Afro-beat, makossa, juju, desert blues, chorales d’Afrique du sud…Comment ? Vous vous y perdez ? ! Visite !

Afro-beat

fela L'”Afro-beat” est l’idée, la création et la propriété presque exclusive de la star du Nigeria Fela Anikulapo-Kuti. C’est lui qui baptise le genre en 1963 même si son style arrivera vraiment à maturité dans les années 70. L’Afro-beat connaît une immense popularité au Nigeria puis dans le reste du monde.

L'”Afro-beat” de Fela prend ses racines dans le “highlife” d’Afrique de l’Ouest (une brillante musique calibrée pour danser avec beaucoup de cuivres et de guitares) mais très vite Fela se sert du funk (particulièrement celui de James Brown) et du jazz. Le résultat sera explosif avec des rythmiques très denses et un accent mis sur le groove et l’improvisation au détriment de chansons biens structurées. En fait, les titres de Fela dépassent souvent la demi-heure !

Une musique très chaude donc, souvent accompagnée de longues tirades politiques. La soul africaine quoi !

Au décès de Fela (1977), son fils Femi reprendra le flambeau avec brio.

Les grands du genre : Fela Kuti, Femi Kuti, Tony Allen, Ikebe Shakedown, Kakande, Tal National, Ebo Taylor.

Makossa

dibango Le makossa est la musique urbaine très populaire dans les clubs du Cameroune. Bass funk, rythmes funk, sections de cuivres, chanteur au son assez unique, c’est un peu tout ça le makossa. A la différence du soukous zaïrois, le makossa est moins fourni en nombre d’instruments. Les instruments dominants sont bass, guitare, cuivres, batterie et piano. Les dances kossa des enfants de Douala avec leurs claps des mains sont la source du makossa. Ensuite, des influences latinos, le “highlife” et la rumba congolaise se chargeront d’enrichir cette base. Il s’est donc développé sur des années au Cameroune, surtout dans les années 1950 en fait. Les premiers enregistrements datent du début des années 1960 avec le guitariste et harmoniciste Eboa Lotin qui composait et chantait également ses chansons. Misse Ngoh emmènera le makossa un peu plus loin. Mais la star du genre, c’est bien sûr Manu Dibango. Avec l’album “Soul Makossa”, au début des années 1970, il donne une résonance internationale au genre. Sa voix et le son de son saxophone donneront encore un autre aspect du makossa avec une musique plus urbaine. Ensuite, Dibango et quelques autres continueront de jouer du makossa mais sans changement majeur.

Les grands noms du genre : Manu Dibango, Lapiro de Mbanga.

Juju

ade Le “juju”, c’est la musique du Nigeria depuis les années 1950. Ses racines sont dans la musique rythmée des Yoruba (une ethnie importante du Nigeria). Dans sa forme la plus moderne, le juju est une musique pour la danse jouée par de grands ensembles concentrés sur la guitare et les percussions. Plusieurs guitaristes jouent des mélodies complexes sur un rythme assez foudroyant mené par le tambour traditionnel yoruba. Les textes ont leur importance trouvant leur origine dans la tradition orale (poésie, proverbes, prières) et dans la musicalité de l’oral.

Les débuts du juju remontent aux années 1920 avec des pionniers comme Tunde King et Ojoge Daniel, les premiers à enregistrer. Mais le “juju” se rependra surtout après la deuxième guerre mondiale avec l’arrivée de l’amplificateur. Tunde Nighttindale en sera la première star. Il sera éclipsé par I.K. Dairo dans les années 1950. Ce dernier sera pour beaucoup dans la popularité du genre et sera le premier à utiliser guitares électriques et accordéons. Ebenezer Obey et King Sunny Ade arrivent dans les années 1960. Leur rivalité donnera un grand coup de fouet au genre qui se développe rapidement dans les années 1970. Les formations s’agrandissent et on utilise davantage synthétiseurs et steel guitares de Hawaï. Les chansons sont de plus en plus longues.

A l’aube des années 1980, Obey et Ade amènent leur musique au niveau international. Le premier avec l’album “Current Affairs” de 1980, le deuxième avec l’album “Juju Music” de 1982 signé chez “Island”. Ce label voit Ade comme un héritier de bob Marley mais ses albums “Synchro System” et “Aura” n’atteindront pas le niveau de vente attendu et il sera comme éjecté du label.

Le style juju sera très populaire jusqu’au milieu des années 1980. Ensuite, il connaitra un certain déclin. Chez les jeunes, le genre Fuji est devenu leur préférence. Obey et Ade continuent d’enregistrer avec des niveaux de ventes moindre et moins de régularité. Il faut dire aussi que le régime politique du pays s’est durçi.

Les grands noms du genre : King Sunny Ade, Ebezener Obey.

King Sunny Ade “Samba”

Mbira

Le Mbira ou Sansa, ou Likembe, ou Budongo ou encore Kalimba est un nom très répandu pour cet instrument d’Afrique centrale et du sud de l’Afrique. Un peu entre piano et xylophone mais très rudimentaire dans sa forme. Le son du mbira a donné naissance à un genre, surtout au Zimbabwe dont il est originaire.

Il était souvent utilisé pour accompagner le jit et le chimurenga, deux formes de danse populaires et importantes au Zimbabwe. En 1986, la formation Bhundu Boys l’avait rendu célèbre en Angleterre.

Le Mbira joue également un rôle clef dans la société. Il est utilisé dans des cérémonies, considéré comme un moyen de communication avec les ancêtres. A cause de cet aspect religieux, les missionnaires tenteront en vain de l’interdire. Depuis cette période, le Mbira incarne aussi la résistance et la lutte.

Ephat Mujuru est celui qui a le plus et le mieux joué pour la popularité de l’instrument dans le monde.

Desert Blues

farka Par “desert blues”, on entend essentiellement la musique d’Ali Farka Toure, Tinariwen, Toumani Diabate et Bombino. Entre musique des touaregs et blues authentique influencé par les noirs américains, dans le cas de Toure. Guitare, calebasse, Bongo, kora sont les instruments dominants. Le Mali en est leader.

Afrique Du Sud ici

Pop africaine

Dans les années 90, la “World” music explose dans le monde et surtout à Paris, capitale du genre. De nombreux artistes africains vont connaître des succès importants soit en France soit à l’échelle internationale. Leur musique sera très pop, construite selon les normes de l’occident, jouée avec les instruments occidentaux mais en conservant une base ethnique ou originelle. Cette pop permet aux musiques africaines d’exploser auprès du grand-public. Pour certains, le succès a été éphémère, pour d’autres ce fut le début de longues carrières.

Les grands noms du genre : Oumou Sangare, Youssou N’Dour, Angelique Kidjo, Amadou & Maryam, Salif Keita, Geoffrey Oryema, Papa Wemba, baaba Maal, Mory Kante, Ismaël Lo, Wasis Diop

Afrique & électronique

Soyons clair ! Les fusions entre musiques électroniques et  musiques africaines ne sont pas légions. Mais, le mélange est souvent réussi et très festif. Soit nous avons affaire à des “petits blancs” qui s’amusent avec des sonorités africaines, soit nous avons affaire à des DJ qui retravaillent des chansons africaines classiques. Dans les deux cas, l’avantage est le suivant : Il peut mener des individus vers les musiques africaines authentiques, des individus qui, sans ce mélange, ne se seraient peut être jamais intéressés à la culture africaine. Dans de très rares cas, trop rares, il y aune vraie rencontre entre des spécialistes de l’électronique et des artistes africains. Ce fut le cas lorsque Youssou N’dour rencontra le duo de Deep Forest. Une collaboration qui m’a bouleversé, encore aujourd’hui…

Pour Edmond “Kossi” Djirackor, mon mentor dans le domaine…

Christophe Augros

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